Les OGM frappent à la porte de l’Europe
08 juil 2009
Voici un très bon résumé de la situation en Europe face aux OGM qui vient d’être publié sur greenzer.fr.
On ne prend jamais assez de précautions quand il est question d’OGM. Consciente des risques environnementaux et de la méfiance de l’opinion publique, l’Europe avance prudemment sur le dossier du maïs MON 810. Une attitude qui jette le doute sur la qualité des conclusions de l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (AESA) en la matière. Cette dernière a rendu ce 2 juillet un avis favorable au renouvellement de l’autorisation du maïs génétiquement modifié de Monsanto. Aujourd’hui, gouvernements de l’UE et ONG sont sur le pont pour défendre le sacro-saint principe de précaution.
Les conclusions de l’AESA sont on ne peut plus explicites : « le maïs 810 est sans risque pour la santé humaine et animale et ne constitue pas une menace pour l’environnement”, peut-on lire dans l’avis. Pourtant, ces conclusions font l’objet de violentes critiques. Plus que de simples lacunes, c’est d’une véritable incompétence dont il est question.
« Comment l’AESA peut-elle donner un avis positif sur la réautorisation du MON 810, alors qu’elle reconnaît elle-même être dans l’incapacité d’évaluer correctement les impacts à long terme des OGM ?” s’interroge Rachel Dujardin, chargée de campagne OGM pour Greenpeace France. Une situation intolérable puisque la Commission Européenne fonde ses décisions sur les seuls avis de cet organe incompétent. Si la situation est préoccupante, il ne faut pas non plus tomber dans les discours alarmistes.

Depuis décembre 2008, le conseil des ministres européens de l’environnement a adopté à l’unanimité une augmentation de l’exigence en terme d’évaluation des effets probables des OGM. Les Etats membres ont pointé des problèmes méthodologiques qu’ils veulent voir réglés pour 2012. Les ministres de l’écologie réaffirment cette volonté au lendemain du renouvellement d’autorisation du MON 810 : « Nous demandons que les conclusions du Conseil des ministres européens de l’environnement soient respectées » précisent les ministres. Une preuve de leur attachement à une gestion efficace du risque environnemental et au principe de précaution qui ne résout pas le problème. L’AESA continue de rendre des avis alors que son incompétence est avérée.
Le 2 mars dernier, les ministres de l’écologie des Etats membres avaient dû voler au secours de l’Autriche et de la Hongrie qui risquaient de se voir imposer le maïs MON 810 sur leur territoire. AESA semble être maintenue uniquement pour imprimer une pression constante sur les pays qui interdisent le MON 810 (France, Allemagne, Luxembourg, Grèce, Autriche, Hongrie).
Pourquoi la commission Européenne ne vote-t-elle pas la suspension des avis de l’AESA jusqu’à la réforme complète de sa méthodologie de travail en 2012 ?
Les lobbies pro-OGM seraient-ils plus puissant que notre belle Union Européenne?


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