Journal d’une citadine expatriée à la campagne
25 juin 2009
J’habite la campagne moi aussi et je suis tout de tout cœur avec elle, toute ma vie j’ai rêvé de pouvoir le faire mais à cause mon travail c’était difficile à réaliser…alors voilà que maintenant j’en profite tous les jours. Tout au long de l’année malgré nos occupations chacun peut prendre quelques moments de communion avec la nature, moments de grande régénérescence…c’est idéal comme remède pour rester en santé…un éloge de la paresse…en quelque sorte.
Jardiner me rappelle chaque jour que la vie n’est pas qu’un combat. Dans ma relation à la nature (et à ma nature aussi ?), l’observation, un brin d’émerveillement et une forme de paresse, d’économie du geste, qui s’apparente à la coopération, tout cela fait merveille.
Observer la nature pourrait remplir mes journées, et je dois dire que c’est un des plaisirs de jardiner d’année en année. J’apprends, je découvre, et laissant la nature s’exprimer, je me facilite grandement la vie.
C’est ainsi que j’ai découvert que certaines plantes dites ‘mauvaises herbes’ sont en fait de véritables trésors, et que d’autres se ressèment toutes seules, me donnant au fil des saisons des platebandes dans lesquelles poussent toute une variété d’herbes et salades délicieuses : mâche, mouron, pourpier, laitue à couper, se succèdent spontanément, sans que j’aie planter. Mon intervention se limite à éliminer quelques herbes qui pourraient envahir la plate bande, couper les plantes en bout de cycle, préserver l’espace de celles qui poussent. Ce sont des gestes économes, et qui me font penser à un éloge de la paresse.
En fait il s’agit de chercher à coopérer avec la nature plutôt que me mettre dans la position de toujours tout contrôler. C’est intéressant de chercher le geste minimum. A bien réfléchir, cette idée de paresse mérite qu’on s’y attarde. Nous sommes si souvent dans une forme assez dure de la volonté, dans l’action forcenée, le « ça passe ou ça casse ». Peut-on agir autrement ? Nous pouvons apprendre à coopérer avec les forces en présence, plutôt que de toujours imprimer notre volonté de manière plus dure. Ce qui ne peut se faire que si effectivement nous commençons par observer, puis coopérer. Un peu d’observation, une bonne dose de coopération, un brin d’émerveillement.
En fait, quelque chose en nous est séduit par l’idée de donner sa place à notre paresse. D’ailleurs nous y associons des images estivales, des siestes à l’ombre d’un grand arbre, des moments pour vivre lentement, doucement ; et effectivement, c’est parfois dans ces moments là que nous nous donnons la possibilité de contacter en nous des choses essentielles, des envies de chérir le monde, d’échanger avec les autres. A trop remplir nos vies, à toujours concevoir la vie comme un processus de volonté crispée, nous nous épuisons et nous perdons parfois le sens de la joie. Alors cet été, je vous souhaite de beaux moments d’observation, une bonne dose de coopération, et un brin d’émerveillement.

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