Une dame admirable! : Vandana Shiva

On peut la qualifier de  José Bové en sari.

 Vandana Shiva combat activement pour la sauvegarde de la biodiversité depuis de nombreuses années.

vandana shivaPhysicienne de renom, militante écologiste de renommée mondiale,  éco-féministe, docteure en  philosophie des sciences, elle a créé en 1987 l’ONG Navdanya, qui lutte contre l’appropriation des firmes agrochimiques transnationales sur les ressources planétaires. Grâce à Navdanya, des milliers de petits paysans ont pu continuer l’agriculture biologique en redécouvrant l’agriculture organique. Auteure de plusieurs livres comme ÉTIQUE et AGRO-INDUSTRIE ou MAIN BASSE SUR LA VIE. Elle poursuit avec Le TERRORISME ALIMENTAIRE en 2001, dénonce la mondialisation dans La BIO-PIRATERIE ou le pillage de la nature et de la connaissance  et aborde la préoccupante question de l’eau dans LA GUERRE DE L’EAU : privation, pollution et profit en 2003. L’année suivante, elle reprend le combat avec La VIE N’EST PAS UNE MARCHANDISE: la dérive de la propriété intellectuelle, et participe à des collectifs avec des journaux d’envergure comme Le Monde. En 2006, Vandana Shiva collabore à un reportage parlant de son combat, intitulé UN MONDE À VENDRE. Elle a écrit plus de 300 articles scientifiques et techniques.

Lauréate en 1993 du Prix Nobel alternatif. Elle est une figure du mouvement de solidarité mondial connu comme le mouvement anti-mondialisation. Elle a contribué ou milité pour différentes causes dont: les droits de propriété intellectuelle, la biodiversité, la biotechnologie, la bioéthique et le génie génétique. Elle voyage dans le monde entier et elle parle avec passion des dangers du génie génétique, de la bio-piraterie et du brevetage des semences, de l’importance de l’agriculture durable et de  la préservation des variétés de semences.

 

Sur L’OMC ( organisation mondiale du commerce) et le génocide des paysans indiens elle nous dit: “L’OMC a une seule et unique intention passer d’une agriculture basée sur des exploitations paysannes de petites tailles à une agriculture produite par les grosses exploitations de l’agro-business. ( Fait à remarquer ici au Québec c’est la même chose, les petits paysans essaient de se regrouper avec l’Union Paysanne et l’UPA ( l’union des producteurs agricoles) le géant de l’agro chimique a le gros bout du bâton avec l’appui financier du gouvernement.

Ce sont les conséquences tout à fait prévisibles d’une politique génocidaire menée par l’OMC, par tous les Monsento de la terre et appliquée selon les systèmes nationaux conçus pour appauvrir et détruire les petits paysans. Ils contrôlent l’agriculture, les deux choses qu’ils font sont d’augmenter les coûts de production de manière à créer des marchés de semences et de produits chimiques et de diminuer les prix des produits agricoles pour augmenter leurs profits. Les paysans sont pris au piège, mais partout ou Navdanya travaille, il n’y a pas de dettes, il n’y a pas de suicides. par conséquent, la destruction et la mort des petits paysans fait partie de ce projet.

Je pense que la mondialisation de l’agriculture avec ses programmes de libéralisation du commerce et des exportations dans un contexte de subventions gigantesques, de généralisation du dumping avec l’ingénierie  génétique et le brevetage des semences constitue une combinaison qui oblige les paysans à chercher d’autres façons de poursuivre leurs activités agricoles.

Et l’objet de cette quête est la souveraineté alimentaire, étant donné que, d’une part les lois qui s’imposent aux agriculteurs du monde entier sont les mêmes et que d’autre part les multinationales qui leur volent leur liberté sont les mêmes, partout, tôt ou tard, les mouvements se rejoignent.

Quand j’ai commencé à combattre le G.A.T.T, puis l’OMC j’ai cherché des gens qui s’interrogeaient sur l’ingénierie génétique. A cette époque, nous étions cinq à se soucier des brevets de la Vie. Puis au fur et à mesure notre nombre a augmenté.

J’ai toujours considéré mon engagement dans les questions environnementales comme une mise en pratique de la démocratie écologique. De plus en plus,  cette démocratie de la terre a pris la forme d’actions visant à sauvegarder cinq libertés: la souveraineté sur les semences, les droits démocratiques à l’eau et à l’alimentation, à la terre et aux forêts.

Pour moi, la démocratie de la Terre signifie avant tout reconnaître que la TERRE EST POUR TOUS LES ÊTRES VIVANTS. C’est reconnaître ensuite, qu’elle n’est pas façonnée par des hommes politiques qui viennent chez vous avec des discours, vous donnent un coup de pied aux fesses et s’en vont travailler pour Monsento…( voir mon billet les Secrets bien gardés derrière les OGM)

La démocratie concerne la Vie sur Terre et doit être façonnée par la population dans leur vie de tous les jours ( HUMM… il y a quelque chose qui ne va plus ici, au Canada, à ce que je sache il y a plein de dossiers concernant notre santé et celle de l’environnement où  les Canadiens et les Québécois ne sont pas d’accord,  les OGM et toutes ces substances chimiques qui sont utilisées jour après jour ou encore acceptées par nos gouvernements sans aucune études indépendantes et qui, de plus sont considérées à risque dans plusieurs pays)

Quoique puissent faire les gouvernements ou les multinationales, ils ne peuvent pas nous forcer à manger comme ils le souhaitent, à accepter la marchandisation de l’eau, l’approbation de la Vie elle-même. Ce sont des violations trop flagrantes de tous les principes écologiques des droits de l’homme, de la démocratie et de la justice.

A chaque jour et partout les agriculteurs font face aux mêmes menaces qui sont les monopoles sur les semences, la distorsion des prix et un système d’agriculture non durable. Le moyen de résister c’est de rester sur la terre, “défends ton patrimoine et ta souveraineté alimentaire sur les semences”, et partout dans le monde ce sera l’avenir de l’agriculture.

Nous sommes vraiment dans un contexte d’opposition entre, d’une part, les exploitations de l’agro-business, immenses soutenues par chacune des règles du commerce et chacune des politiques de chacun des gouvernements qui disent des mensonges, qui détournent la science, qui manipulent la paix et d’autre part, un ensemble de gens honnêtes qui produisent à leur manière de la nourriture de qualité pour leurs concitoyens.

Je fais profondément confiance en la force de Vie, et je crois que, aussi petits que puissent être les paysans et, quelle que soit la façon dont les sociétés ont marginalisé leur propre communauté agricole, nous allons bientôt assister à l’émergence d’un mouvement massif de petits paysans, à travers le monde. J’ai la profonde conviction que la prochaine décennie sera celle de l’alimentation et de l’agriculture.”

A une autre occasion, à la conférence de Organicologie  elle prédit que la position de dominance qu’a actuellement Monsento sur les semences  ne durera pas et qu’elle vivra pour  voir la fin de Monsanto. "Les semences sont la question la plus importante autour de la démocratie des aliments. Les semences sont une ressource commune, et nous devons les protéger pour les générations futures." Mme Shiva a décrit les tentatives faites par les entreprises américaines et des organisations indiennes pour breveter des plantes comme le neem, le riz basmati, et une ancienne variété de blé.

‘Ceci est le piratage de la nature et des cultures” Les semences ne sont  pas une invention. En hindi, une semences c’est  bija ou «l’endiguement de la Vie, les semences ont été créées pour se renouveler, se multiplier, se partager, et de se propager. Les semences sont la vie elle-même. Des sociétés comme Monsanto ont réduit de semences à la propriété privée. Ils disent que les semences ne devraient pas renouveler sans leur permission. La très vieille  pratique de la conservation des semences est un problème pour Monsanto et pour les autres grandes entreprises de semences qui veulent faire des semences  une ressource non renouvelable".

Son organisation de Navdanya, a pour but de préserver les variétés de semences dans 46 banques de semences à travers l’Inde et sur une ferme biologique dans Uttranchal, le nord de l’Inde. Navdanya soutient les agriculteurs locaux, permet de sauver et de conserver les cultures et de les rendre disponibles à travers le marketing direct.

Les OGM sont la cruauté envers les semences.

"Les endroits où Le coton Bt est le plus concentré sont les endroits où il ya le plus haut taux de suicide parmi les agriculteurs. De 1997 à 2007, plus de 182.000 paysans indiens se sont suicidés à cause de leurs mauvaises récoltes et d’ un endettement excessif dû à l’achat de pesticides coûteux et aux semences de coton Bt.

Madame  Shiva dit qu’en plus  le coton Bt a également détruit les sols, en disant  qu’il a détruit 26% des micro-organismes dans le sol et que les chercheurs indépendants qui font des études et qui démontrent les impacts négatifs des OGM  sur la santé humaine et l’environnement se font harcelés. ( on peut affirmer qu’en Occident plusieurs perdent leurs emplois). “La biotechnologie est une nouvelle religion, et nous sommes invités à accepter aveuglément", a-t-elle dit. traduit de l’article de Ken Roseboro, ed.
The Organic and Non-GMO Report, April 2009

Celui qui contrôlera les semences contrôlera le monde.

lise Jacques