Pesticides: plus de tumeurs cérébrales

 chez les enfants et de cancers de la prostate chez les agriculteurs ?

raisins-montblanc- C’est maintenant un fait bien connu aujourd’hui, les pesticides empoisonnent la planète! C’est le prix à payer disent certains, mais lorsqu’ils apprennent que ces pesticides affectent leur santé, ils se réveillent brusquement. Parmi les mammifères, l’espèce humaine est l’une des plus vulnérable car elle se situe au sommet de la chaîne alimentaire. Les pesticides sont utilisés en quantités considérables depuis plus d’un demi siècle par l’agriculture intensive. Les résidus de pesticides se retrouvent partout; dans l’eau, dans l’air, dans le brouillard, dans l’eau de pluie. Ils se retrouvent malheureusement dans nos aliments! Les aliments sont d’ailleurs la principale voie d’exposition.

Alors, ils finissent dans nos organismes. Nous nous retrouvons ainsi avec des centaines de molécules toxiques. Pouvons-nous être surpris de toutes ces conséquences néfastes sur notre santé? Qui peut nous assurer que plusieurs doses de très petites quantités d’une infinité de résidus chimiques absorbés quotidiennement sont sécuritaires et inoffensifs pour l’organisme humain? Plusieurs experts en sécurité environnementale affirment que c’est impossible et que nous devrions nous sentir plus concernés.

Alors même si l’article qui suit dénonce les effets des pesticides chez les utilisateurs de pesticides, aucune étude ne peut nous assurer que de respirer, de boire et de manger de ces substances chimiques est sécuritaire. Il serait temps que les décideurs se réveillent! Il y a des solutions salutaires pour les humains, pour la flore et pour la faune: les cultures écologiques! Cela a fait ses preuves pendant des milliers d’années . Même aujourd’hui les experts nous assurent que nous pourrions nourrir la planète avec ce mode de culture. Qu’attendons-nous pour agir?

*Edité chez Fayard, par Brigitte Bèque. A l’automne prochain, l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst) rendra un rapport sur les effets des pesticides sur la santé. Pour le préparer, les députés ont auditionné hier les différents acteurs du dossier : industriels, association, scientifiques…

Cancers de la prostate et lymphome chez les agriculteurs
Premier problème : la France est un des pays européens qui utilise le plus ces substances chimiques pour son agriculture. Selon le Pr Pascal Gaudruchon, directeur du Grecan (Groupe régional d’études sur le cancer) au moins deux méta-analyses font consensus.
Elles signalent que, « toutes localisations confondues, il y a moins de cancers chez les exploitants agricoles que dans la population générale ».( Cette assertion ne fait pas l’unanimité, comme nous le verrons plus bas).  En revanche, il existe « un excès de risque limité mais confirmé de cancers de la prostate et d’hémopathies malignes comprenant des lymphomes et des leucémies ».Une étude sur 6 000 agriculteurs réalisée en 1995 dans le Calvados fait le même constat.

Le Pr Gaudruchon précise, par ailleurs, que, lorsqu’on exclut le tabagisme, 86% des cancers chez les agriculteurs restent inexpliqués. Selon lui, nous en saurons bientôt plus grâce à l’étude, Agrican sur l’exposition aux pesticides des agriculteurs et les risques de cancer qui en découlent qui a démarré en 2005. Menée auprès de 180 000 personnes dans 12 départements, ses résultats sont attendus fin 2009.

Excès de tumeurs cérébrales chez les enfants
Qu’en est-il pour la population générale ? Environ 800 études ont été passées au crible par l’Institut National de Veille Sanitaire (Invs). « Une augmentation du risque de tumeurs cérébrales chez les enfants dont la mère a utilisé des insecticides style anti-fourmis ou anti-cafards au moment de la grossesse ou de la conception est observée mais cela demande a être confirmé », déclare prudemment Florence Coignard, épidémiologiste en santé-environnement à l’Invs.


D’autres études montrent des effets sur la qualité du sperme, la fertilité, le petit poids de naissance des bébés, les malformations fœtales mais, toujours selon l’épidémiologiste « il est difficile de les interpréter ».

Concernant le cancer du sein et l’exposition au DDT, un pesticide organochloré aujourd’hui interdit en France, il n’existe pas de différence de risques, selon la chercheuse, entre les femmes exposées et celles qui n’y ont pas été, excepté en Colombie et au Mexique où les femmes en contact avec ces produits ont plus de cancers du sein.

 
Enfin, une méta-analyse (regroupant 16 études) comparant les résidus de pesticides en zone rurale et en zone urbaine, note une augmentation du risque de maladie de Parkinson à la campagne.

Troubles de la fertilité chez les femmes
François Veillerette, co-auteur du livre* Pesticides, révélations sur un scandale français et président du Mouvement pour le droit et le respect des générations futures (Mdrgf) est beaucoup moins mitigé. « Il y a d’autres études au plan international et elles sont de plus en plus nombreuses à montrer un lien entre les pesticides et la santé », souligne-t-il.
Il suffit d’aller sur le site du Mdgrf pour s’en rendre compte. Ainsi, une dizaine d’études menées à l’étranger et notamment aux Etats-Unis indiquent que les utilisateurs de pesticides mais aussi leurs enfants sont plus souvent atteints par certains cancers (estomac, prostate, vessie, cerveau, lèvres, leucémies…) que la population générale.

Des chercheurs ont mis aussi en évidence une augmentation de cancers de la thyroïde chez des personnes exposées à des mélanges de pesticides organochlorés contenant un taux élevé d’hexachlorobenzène.

Chez les enfants, les cancers les plus souvent associés aux pesticides sont les tumeurs du cerveau, les leucémies, les lymphomes et les tumeurs du rein. Par ailleurs, une étude de 2001 réalisée en Argentine sur une population agricole révèle un lien entre l’exposition aux pesticides et l’augmentation des consultations pour infertilité.


Une autre recherche publiée en 2003 montre que, chez les femmes, la préparation et l’utilisation d’herbicide pourrait multiplier par 27 les risques d’infertilité.

16 pesticides différents sur du raisin
« Au delà des problèmes de santé, la présence de résidus de pesticides dans l’eau est inacceptable. Elle témoigne d’une souillure d’un bien commun et du mauvais état de notre environnement », déclare François Veillerette.

L’essentiel, selon lui, n’est pas de savoir aujourd’hui si « les agriculteurs respectent les normes ou non mais plutôt d’arriver à l’absence de résidus.

Les consommateurs veulent une nourriture saine, ils n’acceptent plus qu’il y ait 16 de pesticides différents sur une grappe de raisin ».
En effet, selon un sondage Ifop de 2008, 80 % des Français sont inquiets de la présence de traces de pesticides dans l’alimentation.

Pour François Veillerette, le principe de précaution s’impose d’autant plus que nos connaissances ont évolué : « Il y a 15 ans, par exemple, nous pensions qu’un herbicide comme l’atrazine était seulement mauvais pour l’environnement. Nous savons aujourd’hui qu’il est aussi nocif pour la santé. Des expériences montrent que c’est un perturbateur endocrinien et que les grenouilles qui y ont été exposées en laboratoire sont devenues hermaphrodites ».

Le site du Mrdgf :
www.mdrgf.org