OGM : des scientifiques américains s’insurgent…

contre l’obstruction des firmes semencières comme Monsento et  Syngenta qui sont les principaux fournisseurs de semences OGM.

champ de maiis Comme on peut le constater, plus le temps passe plus c’est pareil! Les scientifiques ont les mains liées. Espérons que de plus en plus de gens feront pression auprès de nos dirigeants pour faire changer les choses…après tout c’est de notre santé et de la santé de notre planète qu’il s’agit! Comme on peut lire dans l’article New York Times ci-dessous, aux États-Unis cela commence à changer avec cette déclaration des 26 scientifiques. Mais au Canada les scientifiques ont les mains liées et ils le seront encore pour longtemps. À moins que le gouvernement soit changé pour un qui soit plus transparent. Si on juge sur ce qui s’est déroulé dans ces domaines au Canada depuis la dernière décennie, rien n’est reluisant, il nous faudra donc tout un revirement de situations.

Voici un extrait que nous pouvions lire dans le journal Le Devoir ce matin:-Ottawa –“ La communauté scientifique du gouvernement fédéral commence à mesurer l’ampleur des compressions budgétaires dans son domaine. Et les nouvelles ne sont pas bonnes. Des chercheurs, des analystes et des scientifiques perdront leur emploi d’ici le mois de juin, en raison de coupures qui totalisent 162 millions de dollars sur trois ans.

Selon l’Institut professionnel de la fonction publique du Canada, un syndicat qui représente 15 000 chercheurs œuvrant au sein du gouvernement, il y a un «déclin des capacités scientifiques du Canada» depuis quelques années et les compressions ne vont pas arranger les choses.


Le président intérimaire du syndicat, Gary Corbett, affirme que le gouvernement conservateur «tourne le dos à cette importante ressource nationale en cherchant à économiser quelques dollars». «Cela nous en dit long sur son engagement envers la science dans notre pays», dit-il.

Gary Corbett ne vise pas uniquement les conservateurs, même si la situation actuelle représente le fond du baril, dit-il. «La science publique a été ciblée par des réductions d’effectifs et des compressions budgétaires au cours de la dernière décennie. En utilisant des étiquettes comme "examen de programmes" et "examen stratégique", les gouvernements ont progressivement dégradé la capacité scientifique du pays. Le gouvernement actuel a tellement attaqué la science publique que celle-ci se rapproche dangereusement de son seuil critique.»

Le syndicat est particulièrement mécontent de voir la différence entre le Canada et les États-Unis, où l’administration Obama a commencé à réinvestir dans sa recherche scientifique dite «publique», soit celle menée par des organismes du gouvernement. «Il y a un véritable danger que [nos] scientifiques, chercheurs et ingénieurs se tournent vers les États-Unis pour poursuivre leur carrière», dit M. Corbett.”

 

Pas étonnant que les scientifiques voudront foutre le camp chez nos voisins. Au moins Obama remet une place au questionnement sur les recherches et les OGM, qui sont toujours contestés autant pour la sécurité humaine que pour celle de l’environnement. Les études américaines et européennes confirment toujours la clause de précaution…mais au Canada on a un gros 90% de notre canola qui est transgénique, on a le soja, on a le maïs, depuis 1997, celui-là même qui est contesté en Europe…

Les OGM sont entrés en douce au Canada, nous sommes le 4e plus gros producteur mondial..pas étonnant que Santé Canada ne fasse pas de recherches, pas étonnant que la Société Royale du Canada qui avait remis son rapport au gouvernement fédéral  en 2001 et qui est la plus haute instance au pays avait comme l’Europe recommander la clause de précaution, pas étonnant que le rapport soit toujours sur les tablettes.

Comme on peut lire dans le texte qui suit les américains sont en train de se réveiller, ici  on est très mal parti!

On ne peut que féliciter les 26 braves qui viennent de faire un premier pas dans la bonne direction!

Cette déclaration a été présentée au Ministère de la Protection de l’Environnement (EPA), publiée jeudi dernier par le New-York Times et relayée par Les Amis de la Terre.

Texte de la déclaration : « Les accords de technologie et d’intendance requis pour l’achat de semences génétiquement semences interdisent explicitement la recherche. Ces accords empêchent les scientifiques publics de jouer le rôle qui leur est imparti au nom de l’intérêt général, à mois que l’industrie approuve leurs recherches.”

Il résulte de cet accès restreint à l’information,  qu’aucune recherche indépendante ne peut être légalement conduite sur beaucoup de questions de première importance concernant la technologie, ses performances, ses implications dans la gestion des cultures, et ses interactions avec la biologie des insectes. Dans cet état de fait, les données fournies par le secteur public à l’attention du panel scientifique consultatif de l’EPA ne peuvent être qu’excessivement restreintes. »

Vingt-six scientifiques américains viennent de rendre publique une déclaration dans laquelle ils affirment qu’« aucune recherche réellement indépendante ne peut être légalement menée sur de nombreuses questions de première importance ». Loin d’être anti-OGM, certains de ces chercheurs affirment même y être favorables.

A l’origine de cette déclaration, un appel de l’administration américaine à la communauté scientifique en vue de la mise en place de réunions consultatives sur les cultures OGM.

Spécialistes des insectes du maïs, les 26 chercheurs qui ont participé à la rédaction du document ne sont pas des activistes anti-OGM, certains déclarent même être favorables à ces technologies mais critiquent la politique des firmes semencières qui empêchent toute étude indépendante sur le sujet. Les informations fournies par les compagnies  étant «  excessivement restreintes », ils s’avouent dans l’incapacité de fournir à l’Etat quelque information que ce soit, et aux agriculteurs les conseils qu’ils attendent. La plupart de ces chercheurs ont décidé de rester anonymes afin d’éviter d’être mis à l’écart des recherches menées par l’industrie. Quelques-uns acceptent cependant de répondre nominativement à des interviews sur ces questions.

La recherche scientifique sur les OGM formellement interdite

Principale critique : les vendeurs de semences génétiquement modifiées interdisent par contrat aux acheteurs de mener des recherches sur leurs produits. Les firmes acceptent quelquefois des études scientifiques extérieures mais à condition d’en valider les conclusions avant publication. Contrairement aux pesticides ou semences conventionnelles, aucune étude non autorisée ne peut donc être légalement menée sur les semences GM. Certains contrats vont même jusqu’à interdire explicitement à l’acheteur de comparer le produit avec aucune autre semence rivale. Ça ne s’invente pas…

« Blanchissage des données et des informations »

«  Si une compagnie peut contrôler les recherches (…) elle peut réduire les aspects négatifs potentiels qui peuvent survenir dans toute étude » affirme Ken Ostlie, entomologiste à l’Université du Minnesota. Pour Elson J. Shields, professeur d’entomologie à l’Université de Cornell, les firmes «  peuvent potentiellement pratiquer le blanchissage des données et des informations soumises au Ministère de la Protection de l’Environnement (EPA) ». Mark A. Boetel, de l’université d’état du Dakota, raconte pour sa part qu’il a maintes fois essayé d’obtenir les autorisations nécessaires pour étudier la réponse biologique des semences transgéniques à un traitement insecticide. En vain.

Monsanto et Syngenta se défendent de toute mauvaise intention, soutenant que leurs contrats ont pour unique but de protéger leur droit de propriété intellectuelle, ils affirment se contenter de répondre à leurs obligations réglementaires. Ce qui a été contredit dans la journée par Dale Emery, porte parole du ministère de la Protection de l’Environnement.

« Les gens ont peur d’être mis sur des listes noires »

Pour le Dr Shields, le problème est bien plus profond : le financement de la recherche ayant été transféré du secteur public vers le secteur privé, de nombreux scientifiques universitaires sont devenus dépendants des compagnies semencières. « Les gens ont peur d’être mis sur des listes noires » affirme-t-il. Il fallait oser… c’est fait !

Ces américains ne connaissent donc pas notre Afssa nationale … ?                 février 2009  Les mots ont un sens, par Napakatbra

Ici nous avons Santé Canada qui suscite de plus en plus de questionnements de la part des Canadiens face aux congédiements de scientifiques comme le Dr Shiv Chopra et ses collègues qui après une trentaine d’années de loyaux services ont perdu leur emploi du jour au lendemain pour ne pas avoir approuvé des  produits non sécuritaires pour la santé publique.

En apprenant aujourd’hui que le gouvernement Harper, celui-là même qui a muselé les scientifiques travaillant au fédéral ces dernières années, et qui depuis contrôle toutes les informations qui sortent  des Ministères et bien le fait qu’il ait comme objectif de sabrer dans les budgets de recherches est tout un indicatif de sa façon irrespectueuse de la démocratie ! Il est temps que l’on change de mode de scrutin car avec ses 40% de votes il fait fi des 60% qui restent. La proportionnelle mixte vous connaissez? Plusieurs pays l’utilisent avec succès dont la Suède qui devrait être un exemple pour nous au Québec. On en discutera prochainement.

Lise Jacques