mes coups de coeur pour la St-valentin

 

Des fleurs  ou du chocolat pour la Saint-Valentin!?

roses bio choco

La réalisatrice Sarah Charland-Faucher a choisi le jour de la Saint-Valentin pour la première Montréalaise de son documentaire « À fleur de peau, un bouquet de Colombie».  Ce film aborde la dure réalité des travailleurs et travailleuses des fleurs en Colombie, l’un des principaux pays exportateurs de fleurs au monde.  La date de la St-Valentin a son importance pour le film, puisqu’il s’agit du jour de l’année où il se vend le plus de fleurs coupées.  Pour être exact, cette date représente 85% des ventes annuelles de fleurs. Et selon le Comité pour les Droits Humains en Amérique Latine (CDHAL), les semaines précédant le 14 février représentent des heures de travail excessives pour les milliers d’ouvrières de cette industrie largement composée de femmes.

Derrière ce commerce anodin  se cache tout un système d’exploitation! On le savait pour la banane, le café, le cacao, la canne à sucre, le riz, etc.. Pour ma part, j’avais oublié les fleurs… Bref, un film à découvrir!

et du chocolat!

 

Le chocolat équitable

par Bruno Marquis

Les Québécois et les Canadiens contribuent souvent au mieux-être de leurs semblables ailleurs dans le monde. Cela a été le cas avec le café équitable, dont les ventes augmentent de 30 % par année au Canada, et cela pourrait bien être le cas avec d’autres produits de consommation équitables comme le chocolat.

L’achat de produits certifiés équitables a d’importantes conséquences. Il permet d’offrir aux producteurs des prix raisonnables pour leurs produits et d’éviter ainsi la misère à de très nombreux travailleurs. Il a aussi d’importants effets positifs sur l’environnement.

Le chocolat : un plaisir coupable?

Beaucoup de gens considèrent les tablettes de chocolat comme leur plaisir coupable. En fait, la haute teneur en calories du chocolat ne devrait pas être le premier de nos soucis…
Le cacao est l’ingrédient de base dans la production du chocolat et c’est une denrée qui voyage beaucoup. La production de cacao fournit du travail à 14 millions de personnes dans le monde, mais la vie des producteurs de cacao est loin d’être facile. Beaucoup de travailleurs, qui n’ont pas un accès direct au marché, ne sont pas au courant de la valeur réelle de leur récolte. Ils vendent ainsi souvent leur récolte aux intermédiaires à un prix beaucoup trop bas.

Les prix mondiaux du cacao sont bas et volatiles sur le marché international. Comme on ne peut prévoir comment va se comporter le marché du cacao, les exploitants agricoles ne peuvent, dans beaucoup de pays, obtenir des emprunts auprès des institutions financières. S’ils arrivent à emprunter, ils se retrouvent souvent à devoir payer des intérêts à des taux exorbitants qu’ils ne pourront pas payer en raison des conditions de marché.

En conséquence, la plupart des producteurs de cacao ne peuvent gagner leur vie correctement et doivent envoyer leurs enfants dans les champs de cacao pour travailler. Au lieu d’aller à l’école et de recevoir une éducation, ces enfants utilisent des outils dangereux, sont exposés à de puissants pesticides et doivent se battre contre l’épuisement et la malnutrition.

Anita Sheth de l’organisme Save the Children Canada décrit son expérience avec les enfants travailleurs de cacao au Ghana : « ils disaient qu’ils avaient faim quand ils travaillaient. Ils racontaient aussi les longues heures passées sous le soleil, les pulvérisateurs d’insecticide qu’ils devaient utiliser, leur peur d’être piqués. Certains de ces enfants disaient marcher pendant trois jours avant d’arriver sur les exploitations de fèves de cacao parce qu’ils devaient trouver du travail pour soutenir leur famille. » Quand on vit dans de telles conditions, l’éducation et le jeu passent tout simplement au dernier plan des priorités.

Il est tragique de constater que non seulement les enfants des travailleurs de cacao font ce travail dangereux mais qu’en plus, l’esclavage infantile semble prévaloir dans la production de cacao. Rien qu’en Côte d’Ivoire, on estime que le nombre d’enfants esclaves travaillant sur les fermes et sur les plantations s’élève à 15 000.

Alors que des millions de producteurs de cacao dans le monde souffrent, le cacao demeure un secteur extrêmement lucratif pour ces compagnies au sommet de la chaîne de distribution du chocolat. Ces compagnies sont surtout des multinationales comme Nestlé ou Hershey qui pratiquent la fabrication de masse.

Selon l’association européenne du commerce équitable, les exploitants reçoivent à peine 5 % des profits du chocolat, alors que les organisations commerciales et l’industrie du chocolat touchent environ 70 % des profits. Les producteurs de cacao ne devraient pas être forcés de vivre ainsi dans la pauvreté alors que tant de richesse s’accumule à l’autre extrémité de la chaîne de distribution.

Aller de l’avant avec le commerce équitable.

Heureusement, il existe une alternative.!

Le mouvement du commerce équitable a révolutionné la relation entre producteurs et acheteurs, créant des liens géographiques et socioéconomiques entre des régions du globe très éloignées les unes des autres, et ce par la solidarité, la coopération et la dignité. Le commerce équitable est un système qui tend à assurer que la vente des produits venant du monde en voie de développement bénéficie bien aux gens qui les produisent.

Pour être certifiés, les produits du commerce équitable comme le cacao et le café doivent être achetés à des coopératives organisées de façon démocratique ou à de grandes plantations où les travailleurs ont le droit de se syndiquer et touchent un bon salaire et des bénéfices. Pour qu’un produit soit certifié équitable, il doit être produit avec des méthodes de production durable bonnes pour l’environnement et conformes aux conventions du travail de l’Organisation internationale du travail (OIT).

Le prix payé pour les fèves de cacao équitables doit être basé sur le coût de production et non sur le bas prix du marché international. Cette différence de prix a un profond impact sur la vie des producteurs de cacao car elle leur permet de nourrir leur famille, de payer pour les frais médicaux de base et peut-être d’envoyer leurs enfants à l’école.

Le prix doit aussi inclure une prime de développement utilisée par les coopératives pour le réinvestissement dans la communauté. La relation entre le producteur et l’acheteur doit être directe et basée sur le long terme, ce qui donne aux producteurs la stabilité pour planifier et éviter la vente à des intermédiaires exploiteurs.

Justino Peck, producteur de cacao de l’association Toledo Cacao Growers au Belize est clair sur l’importance de ces relations stables à long terme : « la différence que fait le commerce équitable pour moi réside dans le fait qu’au mois de janvier, je sais que j’ai un marché jusqu’au mois de juillet. Je sais que je pourrai vendre mon cacao. Grâce à cela, je peux avoir des projets. Si je veux acheter des livres pour les études des enfants ou si nous voulons faire un voyage, nous pouvons le planifier. »

En 2008, plus de 60 compagnies de chocolat et d’organisations ont signé le « document d’engagement pour un approvisionnement éthique » qui engage les compagnies à, entre autres, « payer aux producteurs de cacao un prix équitable et adéquat pour le cacao que et les pires autres formes nous achetons » et « soutenir l’établissement et le renforcement des lois nationales et internationales qui interdisent le trafic humain, l’asservissement par la dette du travail des enfants ».

À ce jour, aucune des grosses compagnies internationales du chocolat n’a bien sûr signé cet engagement…