Manger Vert, c’est possible!

jardin de tomates 

L’industrie agro-alimentaire affecte directement notre santé, notre diète, de même que notre l’environnement. Ce que nous consommons a un impact direct sur la pollution de notre planète et sur la quantité de déchets que chacun de nous produit. Plusieurs de ces déchets sont le résultat de l’empaquetage de nos aliments.

En 1999, l’Union des Scientifiques Concernés et publiait un livre analysant comment les choses que nos faisons quotidiennement affectent l’environnement. Le rapport conclue en disant que les deux pires actions dommageables que nous pouvons faire est de conduire une voiture très énergivore et de manger du bœuf. Vous comprendrez en lisant ce qui suit.

Notre mode d’agriculture transforme nos paysages, plus que n’importe quel autre facteur. Quand celle-ci n’est pas écologique elle altère la composition des espèces animales, en nombre et en qualité. Quand nous nous asseyons pour manger nous ne réalisons pas que manger c’est notre plus profond engagement avec la Nature.

Il est essentiel aujourd’hui de tenir compte de l’impact de nos choix alimentaires sur la qualité du sol, sur nos ressources en eau et la qualité de notre air. Nous pouvons faire des choix visant l’harmonie, harmonie envers nous-mêmes c’est à dire qui favorise notre santé mais aussi harmonie envers notre environnement en favorisant des choix écologiques.

Une consommation accrue d’aliments biologiques issus de la région, de saison,  permettra de réduire considérablement la durée des transports, de réduire les dépenses en énergie et de préserver les sols. Chaque semaine le fait de remplacer quelques repas de viande par des repas sans viande avec des légumineuses ou d’autres substituts diminuera de façon significative les dépenses en ressources naturelles. Ces habitudes répétées d’une façon continue par une multitude de gens favoriseront un changement dans nos méthodes d’élevage et d’agriculture qui sont si désastreuses actuellement pour l’environnement et notre santé.

On observe d’ailleurs une diminution des quantités d’ammoniaque et d’oxyde d’azote libérée dans l’air, de même que la teneur en nitrates dans les eaux sous-terraines des régions ou l’on pratique l’élevage et l’agriculture biologique.pommes

Les répercussions de nos choix alimentaires;

Un changement dans nos habitudes alimentaires vers un régime plus végétarien qu’il soit complètement végétarien ou partiellement végétarien signifie plus d’avantages pour notre santé, moins de fermes industrielles d’élevage donc moins d’animaux donc, moins de déchets produits par ceux-ci, ce qui veut dire améliorer notre environnement.

Chaque fois que nous choisissons de manger un repas sans viande, nous aidons à réduire la pollution de l’eau et de l’air et nous protégeons notre santé.

Sur le plan écologique : notre planète s’appauvrit!

Les ressources naturelles sont consommées beaucoup plus rapidement qu’elles ne parviennent à se regénérer. En agriculture, par exemple, le taux annuel d’érosion des terres dans le monde est de 18 à 100 fois plus élevé que la capacité du sol à se renouveler.

Pour produire 1 calorie de protéines de bœuf, nous devons brûler 54 calories sous forme d’énergie fossile, et pour 1 calorie de protéines de soya nous brûlons  2 calories seulement, soit  4% de l’énergie requise pour la production de bœuf. Cette déduction ne provient pas des militants anti-viandes mais c’est écrit dans le Journal Animal Science confirmant ainsi par des recherches détaillées le haut niveau  de dépendance des énergies fossiles par l’industrie du bœuf.

D’après Henning Steinfeld chef de la sous division; information et politiques en matières d’élevage à la FAO.

L’élevage industriel est un des premiers responsables des problèmes d’environnement mondiaux aujourd’hui et il faudrait y remédier rapidement.”

D’après les estimations, la production mondiale de viande devrait plus que doubler passant de 229 millions de tonnes en 2001 à 465 millions de tonnes en 2050. Le secteur mondial de l’élevage croît plus vite que tout autre secteur agricole, cette croissance fait payer très cher à l’environnement.

Pour nourrir tous ces animaux élevés pour nous servir de repas, exige des quantités excessives d’eau et de pâturage, en fait aux États-Unis la moitié de l’eau utilisée et 80% des terres agricoles sont requises pour les animaux d’élevage.

Voici des chiffres qui parlent fort: Ils expriment la quantité d’eau pour produire 450 grammes(une livre) d’aliments, selon les données de l’université de la Californie.

 

450 grammes de laitue et de tomates; 115 litres, 23 gallons   

450 grammes de pommes de terre :     120litres,24gal  

450 grammes de blé:                        125 litres, 25 gal 

450 grammes de carottes:                165 litres, 33 gal 

450 grammes de pommes:                 245 litres, 49gal

450 grammes de poulet:                   4,075 litres,815 gal 

450 grammes de porc;                     8, 150 litres,1,630 gal

450 grammes de bœuf:                    260,070 litres, 5,214gal     

Une alimentation végétarienne nécessite 1500 litres, (300 gallons )par jour tandis qu’une alimentation carnée requiert plus de 20,000 litres, (4,000gallons). Les fermes d’élevage causent un stress énorme sur notre réserve d’eau potable, par exemple, près de la moitié de l’ eau utilisée aux États-Unis est dépensée pour l’élevage du bétail: l’eau pour arroser les céréales qui leur sert de nourriture, l’eau pour abreuver des billions d’animaux chaque année, l’eau pour nettoyer ces fermes, les camions et les abattoirs. untitled

John Robins dans son livre The Food Revolution, nous donne un exemple convaincant:

Supposons que vous preniez une douche une fois par jour et que votre douche dure 7 minutes chaque fois. A ce rythme vous serez dans votre douche 7×7 minutes= 49 minutes par semaine. Disons 50 minutes pour les calculs en moyenne,par semaine. Supposons que l’eau coule à un débit de 10 litres(2 gallons) par minute= 50×52= 260,000 litres (5,200 gallons) par année. C’est la quantité nécessaire pour produire 450 grammes (1 livre) de bœuf.”

Vous pourrez ainsi économiser plus d’eau en réduisant quelques repas de viande plutôt qu’en ne prenant pas de douches pendant toute une année.

Et qu’avons-nous en retour des dépenses d’énergie, de céréales et d’eau pour produire ces chairs industrielles? Chez nos voisins américains, les animaux élevés pour la production alimentaire fournissent 45,000 kilos de déchets par seconde, 130 fois plus d’excréments que la population entière des États-Unis, et tout çà sans un système adéquat de traitement des déchets.

Une ferme porcine de 5,000 bêtes produit autant de matières fécales qu’une ville de 50,000 habitants. Selon Peter Cherrke, professeur à l’université de l’Orégon, les fermes industrielles constituent un assaut de plein fouet à l’environnement, avec des problèmes majeurs de pollution d’eau sous-terraine et de pollution de l’air.

Une étude sur la contamination conduite par John Chastain révèle que le fumier non traité est 160 fois plus puissant que les eaux usées non traitées. En d’autres mots, les déjections des animaux de fermes industrielles sont beaucoup plus dangereuses que celles des humains.

L’aquaculture.

Comme pour les poulets et les animaux élevés de façon industrielle, les poissons sont entassés dans des cages et nourris de manière à maximiser leur croissance. D’un point de vue énergétique, l’aquaculture intensive n’est pas efficace. Il faut de 2 kg à 5 kg de poissons sauvages pour produire 1 kg de saumon d’élevage. De plus, comme le fumier de porc, celui des poissons est riche en phosphore ce qui contribue contaminer les cours d’eau..

Ce que nous pouvons faire pour changer les choses;

-Éviter de consommer des viandes industrielles provenant de ces usines à animaux.

-Choisir des viandes, volailles, œufs et produits laitiers ou l’on nourrit les animaux de façon biologique, et diminuer la consommation de viande en la remplaçant par des protéines végétales quelques fois par semaine.

– Choisir des poissons qui ne sont pas menacés d’extinction et qui ne parviennent pas de fermes d’aquaculture,

-Choisir de préférence des aliments certifiés biologiques.

– Éviter les aliments sur-emballés, privilégier les aliments en vrac.

-Acheter localement et de saison quand c’est possible.

-Encourager les petits producteurs et les fermes locales.

-Manger simplement le moins transformer possible, sans produits chimiques et éviter  le plus possible tous les produits industrialisés et dénaturés.

-Cultiver vos légumes dans votre  propre jardin biologique si vous en avez la possibilité, sinon achetez d’un fermier de famille.

Lise Jacques