le saumon et le porc transgéniques à nos portes!

Pour Éric Darier, directeur de Greenpeace Québec, il est clair qu’Ottawa ne pourra pas constamment se défiler. Et ce ne sera bientôt plus uniquement de plantes qu’il sera question, mais des animaux que nous mangeons tel le saumon et le porc transgéniques . «Il y aura plein d’autres problèmes, mais ils ne vont pas disparaître parce que le gouvernement joue à l’autruche!»

Le saumon transgénique mis au point par la compagnie AquaBounty n’attend plus que l’autorisation de la Food and Drug administration (FDA), l’autorité américaine de réglementation des médicaments et des aliments, pour sa mise en marché aux États-Unis. Ce saumon de l’Atlantique a été modifié génétiquement pour grossir deux fois plus vite, et représente donc un enjeu économique majeur pour l’industrie.

 

Or, alors que la compagnie compte produire les oeufs dans ses installations de l’Île-du-Prince-Édouard, le fédéral n’a encore adopté aucune réglementation sur les poissons génétiquement modifiés (GM).

L’Enviropig

L’autre problème en vue concerne la production d’un porc GM, l’Enviropig, mis au point par l’Université de Guelph en Ontario.

Ironiquement, c’est pour des raisons environnementales que les chercheurs ont manipulé les gènes de cet animal, afin de réduire les quantités de phosphore contenues dans ses excréments, une source de pollution pour les cours d’eau. Destiné à la consommation humaine, le «cochon vert» est en processus d’approbation auprès de Santé Canada. Mais aussi écologique soit-il, il ne fait pas l’unanimité pour autant et une campagne a d’ailleurs cours sur Internet pour contrer cette autorisation.

Outre les questions de santé que les consommateurs risquent fort de se poser, on peut aussi se demander quel serait l’effet sur les marchés extérieurs, sachant que le Canada est un important exportateur mondial, soulignait à ce propos Nature Québec devant le comité étudiant le projet de loi C-474.

Mercredi, la Cour européenne de justice concluait que la présence, même infime, de pollen issu de maïs génétiquement modifié dans le miel, empêchait sa commercialisation sans autorisation préalable. Que dira-t-on du jambon…

La luzerne

Et puis il y a la luzerne, souligne Éric Darier. Les États-Unis viennent en effet d’autoriser la luzerne GM sur leur territoire, et le Canada va aussi devoir trancher. Et contrairement au maïs ou au soya, la luzerne est une plante vivace, ce qui suscite encore plus d’inquiétudes sur son impact.

Bref, Ottawa a fermé les yeux cette semaine, mais le prochain rendez-vous ne saurait tarder, avance le directeur de Greenpeace Québec.