Le pesticide Cruiser interdit en France: Bravo!

Le pesticide Cruiser interdit en France. Deux chercheurs de l’INRA ont prouvé sa responsabilité dans la disparition des abeilles.

Elles décollent, butinent… mais ne reviendront peut être pas à la ruche. Depuis 15 ans, les disparitions d’abeilles sont 3 fois plus importantes que la normale. Alors… où ces abeilles vont-elles ? En fait, elles sont mortes ! La faute aux pesticides qui les intoxiquent, et leur fait perdre le sens de l’orientation.

 C’est la conclusion de deux chercheurs de l’INRA. Pour vérifier, les scientifiques ont collé des micro-puces sur le dos des abeilles  Un système qui permet de savoir si l’insecte rentre ou sort de la ruche. Et finalement , les abeilles intoxiquées par les pesticides ne retrouvent pas le chemin de la ruche et meurent.

Deux insecticides, le Gaucho et le Regent sont déjà supprimés du marché français. Et un 3ème -le Cruiser- a été interdit d’utilisation vendredi 29 juin, mais sur les plants de colza seulement. Le produit reste exploitable pour le maïs, la betterave ou les pois.

Le groupe suisse Syngenta, fabricant du pesticide Cruiser, a l’intention d’attaquer en justice la décision du gouvernement français.

Le pesticide définitivement interdit !

Le ministère de l’Agriculture s’était prononcé début juin pour l’interdiction du pesticide Cruiser du groupe suisse Syngenta utilisé pour le colza et suspecté d’accroître la mortalité des abeilles. L’interdiction absolue est désormais officielle, les apiculteurs se réjouissent. 

Les arguments avancés par le groupe suisse Syngenta, fabricant du pesticide, lors d’une procédure contradictoire, n’ont donc pas été de nature à remettre en cause l’avis de l’Anses et le point de vue du gouvernement qui confirme sa décision d’interdire le Cruiser OSR. Une interdiction qui « prend effet immédiatement » souligne le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll.
Début juin, le ministre avait « averti le groupe qui commercialise le Cruiser que l’approbation de mise sur le marché risquait d’être retirée » après avoir reçu un rapport de l’Anses qui démontrait l’impact de ce produit sur la mortalité des abeilles.

Des réactions de satisfaction
. »C’est super ! », avait réagi le député PS Gérard Bapt, président du groupe santé environnementale dans l’Assemblée sortante. « Je salue avec satisfaction la décision du ministre, qui tranche de manière bienvenue avec l’attentisme des ministres précédents, trop sensibles au lobby de l’industrie », a commenté Gérard Bapt.

« Une grande victoire », pour Gilbert Morizur, président du syndicat des apiculteurs du Finistère. Il se félicitait dès le début du mois de juin que cette décision intervienne au bon moment c’est à dire avant le démarrage en France des ventes de semences enrobées de cet insecticide. » Pour leur part, nos coopératives bretonnes ont eu raison d’anticiper cette décision en refusant de les commercialiser car le danger est aujourd’hui avéré », poursuit-il.
Considérer les effets sanitaires chroniques
Il a estimé en outre que « comme pour les médicaments à usage humain, ce sont les familles de produits qu’il faut considérer, en l’occurence les néonicotinoïdes, sans s’arrêter à tel ou tel produit commercialisé ». Il a insisté aussi sur l’importance de considérer « les effets sanitaires chroniques dus à l’exposition à faible dose », c’est à dire à des doses inférieures aux seuils de toxicité.

Le Cruiser OSR était utilisé pour le colza. Plusieurs études ont confirmé l’effet néfaste d’une de ses molécules, le thiaméthoxam, sur les abeilles.

http://midi-pyrenees.france3.fr/info/le-soulagement-des-apiculteurs-74737712.html?onglet=videos

Début juin déjà, le ministère de l’Agriculture avait indiqué qu’il était favorable à cette interdiction à la suite d’un avis de l’Agence sanitaire pour l’alimentation et l’environnement (Anses). Et les arguments du fabricant, le groupe suisse Syngenta, n’ont pas réussi à inverser la tendance.ruche

Une décision d’autant plus attendue par les apiculteurs que les semis sont réalisés à la fin du mois d’août.

Le produit est utilisé en France sur 650.000 hectares, soit la moitié des surfaces plantées en colza. En Europe, il atteint près de 3 millions d’hectares.

Le fabricant a annoncé son intention d’attaquer cette interdiction devant le tribunal administratif.

Le député socialiste Gérard Bapt, président du groupe environnement-santé à l’Assemblée nationale, a, lui aussi, exprimé sa « satisfaction », estimant que c’est « toute la famille des néonicotinoïdes qu’il faudrait considérer », et non le seul Cruiser OSR.

Un avis partagé par les tous les professionnels qui attendent des mesures similaires concernant le maïs.

Info Midi-Pyrenees – Environnement