Le chocolat: un plaisir coupable?

cacao CNUCEDphoto: CNUCED

Le chocolat: Un plaisir coupable?

Pâques approche… plusieurs parmi nous feront des achats de chocolat, il y a différents critères qui entrent en ligne de compte quand on choisi d’acheter du chocolat, aujourd’hui j’ai pensé mettre l’emphase sur  le facteur humain .

Le chocolat : un plaisir coupable? Avec équitable ce sera un vrai plaisir! Si vous ne connaissez pas les raisons pour lesquelles il est de loin préférable de consommer du chocolat équitable alors, lisez ce qui suit….

Beaucoup de gens considèrent les tablettes de chocolat comme leur plaisir coupable. En fait, la haute teneur en calories du chocolat ne devrait pas être le premier de nos soucis… quand on connaît toute l’histoire derrière les lapins et les poules en chocolat, on réagit et on pense autrement.

Le cacao est l’ingrédient de base dans la production du chocolat et c’est une denrée qui voyage beaucoup. La production de cacao fournit du travail à 14 millions de personnes dans le monde, mais la vie des producteurs de cacao est loin d’être facile. Beaucoup de travailleurs, qui n’ont pas un accès direct au marché, ne sont pas au courant de la valeur réelle de leur récolte. Ils vendent ainsi souvent leur récolte aux intermédiaires à un prix beaucoup trop bas.

Les prix mondiaux du cacao sont bas et volatiles sur le marché international.   En conséquence, la plupart des producteurs de cacao ne peuvent gagner leur vie correctement et doivent envoyer leurs enfants dans les champs de cacao pour travailler. Au lieu d’aller à l’école et de recevoir une éducation, ces enfants utilisent des outils dangereux, sont exposés à de puissants pesticides et doivent se battre contre l’épuisement et la malnutrition.

Anita Sheth de l’organisme Save the Children Canada décrit son expérience avec les enfants travailleurs de cacao au Ghana : « ils disaient qu’ils avaient faim quand ils travaillaient. Ils racontaient aussi les longues heures passées sous le soleil, les pulvérisateurs d’insecticide qu’ils devaient utiliser, leur peur d’être piqués. Certains de ces enfants disaient marcher pendant trois jours avant d’arriver sur les exploitations de fèves de cacao parce qu’ils devaient trouver du travail pour soutenir leur famille. » Quand on vit dans de telles conditions, l’éducation et le jeu passent tout simplement au dernier plan des priorités.

Il est tragique de constater que non seulement les enfants des travailleurs de cacao font ce travail dangereux mais qu’en plus, l’esclavage infantile semble prévaloir dans la production de cacao. Rien qu’en Côte d’Ivoire, on estime que le nombre d’enfants esclaves travaillant sur les fermes et sur les plantations s’élève à 15 000.

Alors que des millions de producteurs de cacao dans le monde souffrent, le cacao demeure un secteur extrêmement lucratif pour ces compagnies au sommet de la chaîne de distribution du chocolat. Ces compagnies sont surtout des multinationales comme Nestlé ou Hershey qui pratiquent la fabrication de masse.

Selon l’association européenne du commerce équitable, les exploitants reçoivent à peine 5 % des profits du chocolat, alors que les organisations commerciales et l’industrie du chocolat touchent environ 70 % des profits. Les producteurs de cacao ne devraient pas être forcés de vivre ainsi dans la pauvreté alors que tant de richesse s’accumule à l’autre extrémité de la chaîne de distribution.

Aller de l’avant avec le commerce équitable.

Heureusement, il existe une alternative. Le mouvement du commerce équitable a révolutionné la relation entre producteurs et acheteurs, créant des liens géographiques et socioéconomiques entre des régions du globe très éloignées les unes des autres, et ce par la solidarité, la coopération et la dignité. Le commerce équitable est un système qui tend à assurer que la vente des produits venant du monde en voie de développement bénéficie bien aux gens qui les produisent.

Pour être certifiés, les produits du commerce équitable comme le cacao et le café doivent être achetés à des coopératives organisées de façon démocratique ou à de grandes plantations où les travailleurs ont le droit de se syndiquer et touchent un bon salaire et des bénéfices. Pour qu’un produit soit certifié équitable, il doit être produit avec des méthodes de production durable bonnes pour l’environnement et conformes aux conventions du travail de l’Organisation internationale du travail (OIT).

Le prix payé pour les fèves de cacao équitables doit être basé sur le coût de production et non sur le bas prix du marché international. Cette différence de prix a un profond impact sur la vie des producteurs de cacao car elle leur permet de nourrir leur famille, de payer pour les frais médicaux de base et peut-être d’envoyer leurs enfants à l’école.

Le prix doit aussi inclure une prime de développement utilisée par les coopératives pour le réinvestissement dans la communauté. La relation entre le producteur et l’acheteur doit être directe et basée sur le long terme, ce qui donne aux producteurs la stabilité pour planifier et éviter la vente à des intermédiaires exploiteurs.

Justino Peck, producteur de cacao de l’association Toledo Cacao Growers au Belize est clair sur l’importance de ces relations stables à long terme : « la différence que fait le commerce équitable pour moi réside dans le fait qu’au mois de janvier, je sais que j’ai un marché jusqu’au mois de juillet. Je sais que je pourrai vendre mon cacao. Grâce à cela, je peux avoir des projets. Si je veux acheter des livres pour les études des enfants ou si nous voulons faire un voyage, nous pouvons le planifier. »

En 2008, plus de 60 compagnies de chocolat et d’organisations ont signé le « document d’engagement pour un approvisionnement éthique » qui engage les compagnies à, entre autres, « payer aux producteurs de cacao un prix équitable et adéquat pour le cacao   » et « soutenir l’établissement et le renforcement des lois nationales et internationales qui interdisent le trafic humain, l’asservissement par la dette du travail des enfants ».

À ce jour, aucune des grosses compagnies internationales du chocolat n’a bien sûr signé cet engagement…

Lise Jacques