Cancer du sein et autre maladies reliées aux gras trans

Quelles mesures pour limiter le risques de cancer liés aux acides gras trans ?

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L’INSERM vient de rendre public une étude montrant que le risque relatif de cancer du sein est presque doublé chez les femmes ayant des taux sanguins élevés d’acides gras trans. C’est le résultat d’une étude épidémiologique de grande ampleur menée depuis 1990. Grâce à 25 000 prises de sang, on a pu comparer les taux sanguins d’une quarantaine d’acides gras chez celles qui avaient eu un cancer et chez les autres. La qualité de ces résultats est donc très élevée. En France, quelles sont les mesures de précaution prises ?

Les femmes qui ont dans leur sang un taux d’acide gras trans élevé ont près de deux fois plus de risques de développer un cancer du sein (voir le blog de David). Comment comprendre cette notion de risque ? C’est une approche statistique : les femmes âgées de 55 à 60 ans ont, chaque année, une probabilité de 300 pour 100 000 de développer un cancer du sein. Celles qui sont surdosées en acides gras trans en développent plus : 534 cancers du sein pour 100 000. On dit que le risque relatif est de 1,78.

Les gras trans et les huiles hydrogénées: des tueurs silencieux.

En plus de provoquer plus de cancers, selon plusieurs études récentes dont une parue dans l’American Journal of Clinical Nutrition les gras trans que nous retrouvons dans les huiles hydrogénées, partiellement et le shortening sont désastreux pour notre santé. “Nous savions que ces gras étaient nocifs pour le cœur parce qu’ils élèvent le taux de mauvais cholestérol sanguin(LDL) et abaissent celui du bon(HDL) mais en plus ils créent des particules de cholestérol LDL plus petites, plus denses encore et plus dommageables.

Pour réduire votre consommation: lisez les étiquettes et ayez toujours à l’œil les produits hydrogénés et les shortening. En lisant les étiquettes, vous réaliserez que malheureusement, 70% des produits commerciaux en contiennent. On les retrouve dans les aliments frits du commerce, les plats préparés, les confiseries,  les viennoiseries, les pâtes à tarte, les pâtes à tartiner, les chocolats commerciaux, les pâtisseries commerciales, les croustilles, certaines  céréales, les barres granolas, le beurre d’arachide (non naturel), la margarine faite d’huiles hydrogénées ou partiellement hydrogénées,  le saindoux, les produits de boulangerie contenant du shortening,  les craquelins, biscuits, beignets, gâteaux, pâtisseries, muffins, croissants, frites et aliments pannés.

Lorsque la liste des ingrédients comprend les termes « huile(s) végétale(s) hydrogénée(s) » ou « partiellement hydrogénée(s) », on sait que le produit renferme des gras trans. Leur position dans la liste d’ingrédients est également un indicateur de quantité : plus ils se rapprochent du début de la liste, plus il y a de gras trans dans le produit.

Une étude menée en 1007 par Hu stampfer et Manson dans  le journal New England of Medecine donne des résultats assez convaincants par rapport aux risques de maladies cardiovasculaires:

-Une augmentation de 5% de la consommation de gras saturé augmente le risque de 17%-Une augmentation de 5% de la consommation de gras trans augmente de 93%

Saviez-vous que la Nouvelle-Zélande a banni l’utilisation des huiles hydrogénées dans tous ses produits alimentaires?

Les effets négatifs des gras trans sur la santé sont constatés surtout en Amérique du Nord, qui consomme plus d’aliments industriels que l’Europe du Nord, qui en consomme à son tour encore plus que l’Europe méditerranéenne. En France les gros consommateurs de matières grasses consomment en moyenne 8g par jour de gras trans presque autant qu’un nord américain qui en consomme en moyenne 10g par jour. Par contre selon Statistiques Canada en 2005 le canadien moyen âgé entre 25 et 35 ans consommait une moyenne de 38 g de gras trans par jour.

Plusieurs résultats de recherches publiés dans diverses revues scientifiques prestigieuses démontrent qu’aussi peu que 4% d’acides gras trans peut causer des problèmes cardiovasculaires des cancers et des problèmes d’infertilité.

Les exigences des consommateurs sont un puissant stimulant pour inciter l’industrie à continuer d’éliminer les gras trans ou d’en réduire la teneur dans les aliments.

Lise Jacques