alerte aux biberons et au bisphénol A

Biberons en plastique Des médecins, chimistes, cancérologues ou directeurs d’établissements de santé ont lancé un cri d’alarme à propos des biberons pour bébés . André Cicolella, chimiste toxicologue, a pointé particulièrement les parabens, qui ont un effet de perturbation endocrinienne affectant le développement, la croissance, la reproduction, et le bisphénol A, interdit récemment dans la fabrication des biberons au Canada.

Le Canada est devenu, le vendredi 17 octobre 2008, le premier pays dans le monde à interdire ce type de biberons. Faisant valoir « les incertitudes soulevées par de récentes études scientifiques sur les effets potentiels de cette substance chimique à faible concentration », le ministère canadien de la santé a justifié sa décision et a de ce fait par le biais de Santé Canada, l’office public de santé du Canada, classé le Bisphénol A au rang de substance dangereuse (le 18 avril 2008).


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Le gouvernement du Canada compte faire adopter des mesures législatives pour interdire l’importation, la vente et la publicité des biberons en polycarbonate.

"Nous sommes confrontés à une épidémie de cancers dont un certain nombre ont leurs origines dès la gestation", a souligné André Cicolella, . "Il faut agir sur les éléments susceptibles de favoriser cette épidémie". Tous ont défendu l’application du principe de précaution et l’arrêt de distribution de ces mallettes par les maternités ou les cliniques. 

On en a beaucoup parlé ces derniers temps ; surtout suite à l’interdiction du gouvernement canadien de commercialiser des biberons en polycarbonate qui contient du Bisphénol A. Mais de quoi s’agit-il exactement ?

Le Bisphénol A est un produit chimique, un composant du polycarbonate (PC). On le retrouve dans divers produits de la consommation courante. On sait aujourd’hui que si cette substance est chauffée, elle s’échappe du produit, et peut donc passer par exemple du biberon au lait. 97% des biberons sont actuellement réalisés en polycarbonate ; les nourrissons sont donc presque tous exposés au Bisphénol A et à ses dangers.

 Le BPA possède une action oestrogénique, capable de perturber le système endocrinien. Sa consommation risquerait d’engendrer une augmentation de la stérilité  et possiblement des cancers. De plus, le programme national de toxicologie américain (National Toxicology Program) souligne que cette substance pourrait avoir des conséquences sur le développement du foetus et du nourrisson. Les études effectuées sur des animaux à des niveaux d’exposition proches de ceux des hommes en témoignent.

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On retrouve ce plastique dur transparent, le polycarbonate dans la composition de nombreux produits de consommation courante, comme les bouteilles d’eau réutilisables, les lunettes de soleil, les CD et en France, présents dans 90 % des biberons pour bébés.
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Certains de ces plastiques peuvent être repérés par le chiffre 3 (PVC), 7 ou PC (polycarbonate) au centre ou en dessous du symbole de recyclage.
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biberons sans bpabiberons sans bpa"3" et PVC ou V : Polychlorure de vinyle
Le vinyle recyclé devient des tuyaux, des grillages et des bouteilles non-alimentaires.

"7" et PC ou OTHER : Autres plastiques, incluant le polycarbonate, l’acrylique et le nylon.

On note que :energie santé
biberons sans bpaCertains polymères (résine d’obturation ou résine "composite") utilisés pour les soins dentaires contiennent également du Bisphénol A.
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Les résines contenant du Bisphénol A sont très utilisées comme revêtement intérieur des boîtes de conserves.
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Le Bisphénol A serait également présent dans certains réseaux d’adduction d’eau potable, notamment dans les canalisations.

Selon la journaliste Stephane Horel, journaliste indépendante et auteur du livre la Grande Invasion, l’article paru en France intitulé

Un Biberon pour la Route

"a passé totalement passé inaperçu, cet article publié par le Canard Enchaîné du 19 novembre.  raconte pourtant que l’agence française de la sécurité et de l’alimentation (AFSSA) a rendu, le 13 novembre, un avis très rassurant sur l’utilisation des biberons en plastique. Et que la moitié des membres de son comité d’experts est liée à l’industrie.

Type de produits pouvant contenir du bisphénol-A sous la forme de polycarbonate (plastique dur et translucide), de résine époxy, comme additif dans le PVC, comme retardateur de flammes dans les appareillages électriques :

Adhésif et joint, amalgame dentaire, autocuiseurs (parties en plastique), bacs de rangement, biberon, boîte de conserve, bombonne d’eau rechargeable, bouteille en plastique, canette de boisson, casque de sport et de sécurité, CD et DVD, cuve à vin, emballage alimentaire, équipement automobile, encre d’imprimerie, équipement électrique (douilles, prises…), équipement médical, équipement de ski, tennis et golf, housses pour téléphones mobiles, jouets, mastic, ordinateur, outillage électrique, papier essuie-tout, papiers, papiers thermiques (billets d’avion, étiquettes autocollantes pour la pesée des fruits et légumes, papier pour fax, reçu de parking, de banque etc.), pâte à bois, peinture pour coques de bateaux, produit anti-corrosion, rasoir, récipient alimentaire en plastique transparent, récipient alimentaires en plastique pour le micro-onde, revêtement de protection, revêtement de sol, sèche-cheveux, tasse et gobelet pour enfants, tableau électrique, tétine, vaisselle et couverts en plastique réutilisables, vernis pour bois, verre de lunettes, vitrages.

Est-ce que les doses de Bisphénol A libérées dans les biberons sont significatives?

Réponse de Stephane Horel;  "d’abord, sachez que personne n’arrive à s’entendre sur ce que sont des "doses significatives" de bisphénol-A. Quand je dis "personne", j’entends par là que les industriels et les autorités sanitaires ne sont pas d’accord avec les scientifiques indépendants.

Les scientifiques qui travaillent sur le bisphénol-A avec des budgets de recherche publique, et non à l’aide de financements de l’industrie du plastique, considèrent que le bisphénol-A agit à de très faibles doses. Ils basent leurs conclusions sur des expériences menées en laboratoire sur des rats ou des souris.

Je vous donne un exemple parmi bien d’autres : En 1999, la grande revue scientifique Nature publiait les résultats d’une équipe de chercheurs de l’université du Missouri, dirigée par le spécialiste du bisphénol-A, Frederick Vom Saal (vous relèverez au passage que les inquiétudes sur ce polluant ne datent pas d’hier). Cette équipe avait administré à des souris enceintes des doses de 2,4 microgrammes par kilo (µg/kg)* de bisphénol-A. Elle avait observé par la suite que leur progéniture présentait des pubertés plus précoces que chez des souris non exposées [Réf 1]. Un effet que les chercheurs expliquaient par l’action hormonale du bisphénol-A, qui imite les hormones sexuelles féminines, les œstrogènes.

Or 2,4 microgrammes par kilo, c’est deux fois moins que la norme de sécurité fixée par l’Union européenne en janvier 2007. Que veut donc dire dans ce contexte "dose significative" ?

* 2,4µg/kg, c’est-à dire 2,4 microgrammes de bisphénol-A par kilogramme de poids corporel

[1] Howdeshell Bigsby R, Chapin RE, Daston GP, Davis BJ, Gorski J, Gray LE, Howdeshell KL, Zoeller RT, vom Saal FS. "Evaluating the effects of endocrine disruptors on endocrine function during development". Environ Health Perspect. 1999 Aug;107 Suppl 4:613-8 .

Sources : Environmental Working Group, Autorité européenne de sécurité sanitaire des aliments (EFSA), Commission européenne, Plastics Europe, RPA.

Environ Health Perspect. 2008 Jan;116(1):39-44
National Toxicology Program – DRAFT NTP BRIEF ON BISPHENOL A – April 14, 2008