en france on veut tripler le bio. Imitons la France!
28 fév 2009
jeudi 26 février 2009, ouest france
L’agriculture bio résiste à la crise avec bonheur
Photo : Claude Stéfan
Il faut tripler les surfaces d’ici à 2012, dit le Grenelle de l’environnement. « Chiche ! », répond le monde de l’agriculture bio, paré pour un « nouveau décollage ». Entretien avec Élisabeth Mercier, directrice de l’Agence bio. Elle organise, aujourd’hui, au Salon, hall 7.2 salle Lyra, à 9 h 30, un séminaire international sur l’agriculture biologique.
Tripler les surfaces en bio d’ici à 2012. Objectif réalisable ?
C’est très ambitieux, mais il faut y croire. Des mesures donnent un élan : crédit d’impôt doublé, aide à la conversion déplafonnée… Le rééquilibrage des aides, le soutien à l’herbe et aux productions extensives sont favorables au bio.
Le fonds de structuration des filières bio, doté de trois millions d’euros par an, finance des projets associant producteurs, transformateurs, distributeurs sur des bases contractuelles pour sécuriser approvisionnement et débouchés. ( J’aimerais bien connaître comment le gouvernement québécois prévoit aider la filière bio, à date rien de concret.)
En 2008, les conversions ont repris à un rythme élevé en viticulture, maraîchage, plantes à parfum et médicinales… En lait, ça bouge. Les transformateurs (Eurial poitouraine, Lactalis, Triballat…) s’engagent à assurer une valorisation durable pour le lait bio. En grandes cultures, les exemples de réussite se multiplient. En pratiquant la rotation des cultures, la rentabilité est au rendez-vous.
La crise fragilise-t-elle le bio ?
Le dynamisme du bio s’inscrit dans une tendance de fond. Les baromètres que nous publions montrent une solidité des produits bio face à la crise. Leur fréquence d’achat progresse. Quatre Français sur dix achètent au moins un produit bio par mois. Le panier se diversifie. Le vin issu de raisin biologique « recrute » de nouveaux acheteurs. Les circuits de distribution s’étoffent : grande distribution, magasins spécialisés, marchés, vente directe à la ferme, artisans bouchers et boulangers. Tout le défi est de répondre à cette demande croissante. Tout doit être fait pour un nouveau décollage de la bio.
Le bio coûte pourtant plus cher…
Le surcoût n’est pas systématique. Le pain bio est moins cher qu’un pain spécial. La différence de prix n’est pas énorme entre un produit conventionnel marketé et un produit bio. Les gens connaissent le cahier des charges du bio. Ils ont confiance. Ils savent que la bio n’utilise pas de pesticides de synthèse, qu’elle protège l’environnement. Ils ont une approche fine du rapport qualité prix.
Recueilli par Xavier BONNARDEL.

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