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vignes Certes, le raisin fait figure de mauvais élève en la matière, puisque, en France, la viticulture représente 3 % de surfaces cultivées et… 20 % des pesticides employés. Çà fait pas mal de pesticides pour les raisins!

Plus les gens demanderont du vin bio, plus les producteurs se mettront au bio et plus les gouvernements aideront les producteurs bio!

Une grande enquête a été menée  dans 5 pays européens ( Italie, France, Pays-Bas, Hongrie et Allemagne) dans des magasins appartenant à 16 enseignes différentes. 124 échantillons de raisins issus de l’agriculture intensive ont été analysés, par un laboratoire allemand spécialisé, afin de rechercher d’éventuels résidus de pesticides. Les résultats sont préoccupants :

 

Résultats globaux.

> 99,2% des raisins analysés contenaient des résidus de pesticides! Soit 123 des 124 échantillons testés. Seul un échantillon ne présentait pas de trace de pesticides.

> 0.65mg/kg de pesticide (matière active) trouvé en moyenne par échantillon.

> 20% des raisins étaient contaminés par 10 ou plus de 10 pesticides différents.

> 4,8% des échantillons dépassaient les nouvelles Limites Maximales en Résidus européennes (LMR), des limites légales qu’on ne doit pas dépasser !

> 3 échantillons contenaient des pesticides interdits dans les pays de production.

> Un échantillon dépassait la dose de référence pour la toxicité aiguë de l’Organisation mondiale de la santé! Le dépassement de cette dose de référence, même une seule fois, peut endommager la santé humaine, en particulier la santé des enfants.

> Et parmi tous ces pesticides de nombreuses matières actives présentaient des risques potentiels pour la santé. On a trouvé des pesticides neurotoxiques, suspectés d’être cancérigènes ou encore pouvant perturber le système hormonal.(MDRGF, mouvement pour le droit et le respect des générations futures)

Il faut savoir que les normes européennes comme les normes des autres pays d’ailleurs ne prennent pas en compte le niveau réel d’exposition. Celles-ci ont, en effet, été édictées avec l’idée que l’organisme n’était confronté qu’à un seul pesticide à la fois. Or, dans la réalité, un individu est exposé à plusieurs substances différentes en même temps. Dans ce cas, les risques ne s’additionnent pas, ils sont multipliés! Cancers hormonaux, baisse de la fertilité, troubles endocriniens: les pathologies potentielles sont nombreuses et les agriculteurs, bien sûr, en première ligne.

Isabelle Leparoux ( paru dans sud-ouest le 30 mars 2009) nous rapporte les propos de Dominique Techer, président du Centre d’initiative et de valorisation pour l’agriculture et le milieu rural, Civam Bio Gironde,  qui a mené un débat vendredi 20 mars, autour des pesticides, avec un axe particulier vers la viticulture. Il était l’invité de la commission municipale environnement dans le cadre de la Semaine sans pesticide. Lui-même viticulteur bio, depuis quinze ans, du château Gombaude Guillot en Pomerol, il connaît bien les impacts des pesticides sur le vin et l’environnement, humains compris.

L’agriculture et la viticulture sont des postes essentiels dans l’utilisation de pesticides. C’est tout un système qui a encouragé l’usage de ces matières chimiques qui sont issues directement de l’après-guerre. À cette époque, personne n’a vu l’impact sur l’environnement. » Les choses changent. Des films sont réalisés, dont « Nos enfants nous accuseront » de Jean-Paul Jaud, qui montre le lien évident entre désherbant et cancer, la télévision passe à des heures de grande écoute des documentaires sur les problèmes d’environnement.

« Et depuis le Grenelle, il y a une levée d’omerta. On prend en compte la toxicité de certains produits de consommations, fraisiers, arbres fruitiers, vignes en sont les pires exemples. Il y a parfois un paradoxe entre la personne qui achète bio et qui à côté utilise du Round Up qu’elle inhale. Côté vigne, la limite maximale de résidu toxique n’est pas fixée. » Les résidus de pesticides retrouvés dans les denrées alimentaires ne doivent pas dépasser des limites réglementaires appelées Limites maximales de résidus (LMR) qui s’exprime en mg/kg et sont fixées par la commission de Bruxelles, pour les limites de l’Union européenne. Pourquoi la vigne en est-elle exemptée ?

Malgré ce tableau plutôt noir, Dominique Techer se veut résolument optimiste. « Il faut faire un état des lieux sans concessions mais faire le pari de la vie. Ce sont les citoyens consommateurs qui ont le pouvoir de faire changer les modes de production, mais c’est vrai que la production biologique reste encore en marge des institutions tout comme l’écologie qui est juste un moyen de communication. Comment aider les agriculteurs et les viticulteurs à changer ? C’est peut-être aussi aux gouvernements et aux pouvoirs locaux d’apporter des réponses. »

Associer qualité et rentabilité, c’est possible!"

Certains disent que ce n’est pas réalisable sans insecticides et désherbants "Des pays comme le Danemark sont néanmoins parvenus à réduire de façon importante l’usage des pesticides", souligne Pierre Ricci, représentant la France au sein d’Endure, un organisme européen regroupant industriels, agriculteurs et chercheurs, tous mobilisés autour d’un même objectif: favoriser une moindre utilisation de ces produits.

Lise Jacques

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